10h... pas de client
14h... personne n'est venu sonner, profiter de mon encens, découvrir mon espace.
Je découvre le commerce.
Moi qui avais tant imaginé dans ma tête que mon 1er jour ressemblerait au 1er jour des soldes des grands magasins.
Que tout le monde allait se précipiter. Mon espace est tellement beau. Pourquoi ne viennent-ils pas ???
Après réflexion, et sûrement parce que le stress me l'avait fait oublier, je me rappelle que je n'ai toujours pas d'enseigne. Je suis sur l'Ile Saint Louis, bâtiment classé, et je dois attendre l'autorisation de la mairie de paris.
Je n'ai pas fait de communication, espérant que le passage suffirait, et par peur d'être débordée. Mais l'Ile Saint Louis est un quartier touristique.
Et puis je pensais que les beaux quartiers ça aidait, que les gens avait de l'argent plein les poches à dépenser. Que c'était pour cela que les boutiques étaient belles.
J'ai ouvert grand les portes, pour que les gens puissent deviner la beauté de mon espace.
J'entends du bruit sur le seuil de ma porte, je suis tout excitée... Comment dois-je présenter, me présenter, les recevoir.
Je bondis de ma chaise.
Ils sont plusieurs...
Bonjour mesdames, bonjour messieurs...
Tout sourire, ce sont des touristes, qui souhaitent que je leur parle en anglais. Des japonais.
Je déchante vite, et me transforme en guide touristique. Ils souhaitent photographier mon espace de beauté.
Sourire crispé, je leur réponds oui bien sûr.
Ils repartent après 5 bonnes minutes. Ca m'a quand même fait du bien de voir un peu de monde.
Les minutes passent, elles me paraissent longues.
Aujourd'hui, 1er jour, il n'y aura personne, pas de client, juste quelques touristes.
La clôture de caisse sera rapide. Mon chiffre d'affaires : RAS, nada, néant, zéro, rien.
Les jours passeront et se ressembleront...
Je n'ai eu aucun client, ma 1ère semaine de travail s'achève. Quelques demandes de renseignements et très peu d'énergie.
Le commerce c'est dur...J'avais déjà entendu cette phrase, cette fois, c'est dans ma tête qu'elle raisonne.